Le Roman de la Muse
Chapitre 8
Le Seuil
Elisa franchit un point de non-retour. Entre vulnérabilité, rituel et choix intime. Un chapitre intense et décisif.
Chapitre 8
Le Seuil
Elle était à genoux.
La lumière du salon découpait sa silhouette comme sur un tableau ancien. Le penthouse avait cessé d’être un lieu mondain. Il était devenu une scène. Un sanctuaire. Un théâtre de regards.
Les huit hommes s’approchèrent lentement.
Aucun mot.
Aucun geste brusque.
Un cercle se forma autour d’elle.
Alexander, légèrement en retrait, observait — immobile, souverain, presque irréel. Sa voix traversa l’espace comme une sentence douce.
— Tu voulais comprendre cette femme. Ce soir… tu deviens muse.
Les respirations changèrent.
Elisa sentit la présence des corps, la chaleur des proximités, la tension suspendue dans l’air. Le monde s’effaçait, remplacé par ce rituel où la vulnérabilité devenait offrande, où la honte se mêlait à un vertige qu’elle n’avait jamais connu.
Des mains parcoururent sa peau comme un pinceau effleure une toile.
Une main se posa sur son épaule.
Légère.
Respectueuse.
Un homme se pencha près d’elle, murmura d’une voix grave et presque tendre :
— Vous êtes une œuvre. Permettez-vous de l’être.
Ses doigts trouvèrent les siens.
Il l’aida à se relever.
Ses jambes tremblaient, mais elle resta droite — souffle court, tête haute. Elle suivit ce mouvement comme on suit une chorégraphie dont on comprend le sens trop tard.
Il la guida vers un piédestal clair près de la verrière.
Un espace consacré.
Un lieu choisi.
— Allongez-vous.
Elle hésita une fraction de seconde.
Puis s’exécuta.
La ville vibrait en contrebas comme un océan d’étoiles.
Le temps se ralentit.
Les silhouettes se rapprochèrent dans une danse ordonnée, presque cérémonielle. Rien de brutal. Rien d’instinctif. Une succession de gestes rituels, de présences, de frôlements choisis.
Un souffle contre sa peau.
Un baiser entre ses cuisses.
Une caresse buccale sur ses seins.
Un murmure à l’oreille.
Une main qui la guide.
Un doigt qui la pénètre.
La chaleur montait — trop forte pour être pensée.
Elle ne savait plus si elle tremblait de peur… ou d’abandon.
Ou des deux.
Ses pensées se fissuraient — l’éducation, la pudeur, la morale — et au centre brûlait une flamme neuve, inattendue, irrépressible.
Un gémissement lui échappa.
Elle se cambra.
Le désir la submergeait comme une vague qu’on ne retient plus.
Alors elle tendit les mains vers la ceinture de l’homme qui l’avait relevée. Elle osa. Elle fit glisser la braguette, saisit son sexe, le prit en bouche et comprit soudain que, dans cet instant suspendu, c’était elle qui détenait le pouvoir.
Un autre homme se glissa contre son dos.
Elle le sentit la pénétrer — la verge, le bijou, la tension intérieure — tout se mélangeait, la remplissait, la traversait.
Les corps se mouvaient sur elle, en elle, comme un ballet lent — une chorégraphie sensuelle, orchestrée, inexorable — jusqu’à l’apothéose d’un orgasme qui la déchira de l’intérieur.
Pas de douleur.
Pas de contrainte.
Un débordement de sensations, de confusion, d’émotion nue.
Elle ne savait plus si elle voulait fuir…
ou rester.
Le temps se fragmenta.
Souffle.
Lumière.
Vertige intérieur.
Puis les silhouettes s’éloignèrent.
Un à un.
Comme des acteurs quittant la scène après la dernière réplique.
Le silence retomba.
Profond.
Dense.
Presque sacré.
Elisa resta immobile.
Vide — et pleine à la fois.
Alexander n’avait pas bougé.
Son regard demeurait posé sur elle.
Ni triomphant.
Ni cruel.
Insondable.
Il tourna légèrement la tête.
— Daniel.
Sa voix était basse, grave, irrévocable.
Daniel s’approcha.
Ses gestes étaient simples, précis, d’une douceur presque inattendue. Il posa une étoffe sur ses épaules, l’aida à se lever. Elle chancela. Il la retint.
— Je m’occupe de vous.
Il la conduisit jusqu’à la salle de bain.
La lumière y était plus douce.
Plus humaine.
Il resta un instant — silencieux, présent — le temps qu’elle retrouve son souffle.
— Tu savais qu’un jour… il t’emmènerait jusque-là, dit-il calmement.
Elle ne répondit pas.
Elle n’avait plus de mots.
Il referma la porte.
L’eau coula.
Lentement.
La chaleur enveloppa son corps. Elle ferma les yeux.
Mais rien ne s’apaisait.
Un souffle derrière elle.
Elle se retourna.
Alexander.
Il était là.
Dans la vapeur.
Dans la pierre.
Dans ce monde clos où il semblait toujours avoir eu sa place.
Il ne parla pas immédiatement.
Il la regarda.
Longtemps.
Puis s’approcha.
— Tu es prête… murmura-t-il. Prête à devenir ce que tu es destinée à être. À cesser d’obéir au monde qui t’a enfermée. À être mienne… comme œuvre.
Elle recula.
Son dos toucha le marbre froid.
Le contraste la traversa comme un choc : la chaleur de l’eau, la pierre glacée, sa voix… et l’écho incandescent de ce qu’elle venait de vivre.
Elle trembla.
Il ne la força pas.
Il attendit.
Ses yeux — sombres, profonds — ne cherchaient pas la soumission.
Ils attendaient un choix.
Un consentement.
Ou une chute.
Ses lèvres tremblèrent.
Elle voulut dire non.
Elle voulut dire oui.
Rien ne sortit.
Alors elle acquiesça très légèrement.
Un geste fragile.
Presque invisible.
Une bascule.
Alexander ferma les yeux une seconde.
Comme si ce signe venait de sceller quelque chose de plus vaste qu’eux.
Il la guida vers le marbre.
Pas brutalement.
Avec cette autorité silencieuse qui était sa signature.
Elle posa le front contre la pierre froide.
Un frisson la traversa.
Elle ne sut pas si c’était la peur…
ou le destin.
La ville grondait au loin.
Le monde continuait.
Et pourtant,
à cet instant précis,
c’était sa vie entière
qui venait de changer de direction.
Prête à poursuivre le voyage ?
Ce chapitre n’est qu’un seuil.
L’histoire, elle, continue… et se dévoile autrement.
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